J'oublie pour aujourd'hui, il est tard, je vais me coucher. Je continuerai une autre fois.
Quand j'aurai le temps, et l'envie.
Vendredi 24 avril, 23h et des poussières, qu'est-ce que je fais ici ?
J'écris. Mais j'ai pas très envie. Enfin je sais pas. Ouai, c'est ca le problème, je sais pas ce que je veux. Vous n'imaginez même pas à quel point, vous, humains qui savent ce qu'ils veulent, je vous envie. Et surtout qui veulent encore ce qu'ils ont voulu une fois qu'ils l'ont. Vous ne comprenez pas un chouïa à ce que je ressens, et à comment ça m'emmerde, d'avoir un tel comportement. Telle une gamine pourrie gâtée, qui commande une poupée au papa noël, joue avec pendant deux heures, puis s'en va déjà en chercher une nouvelle dans les magazines. Ce n'est pas que je me lasse trop vite, c'est pire. J'ai même pas le temps de me lasser, dès que j'ai ce que je veux, je le veux plus. Réaction humaine, vous diriez. Oui, je sais qu'il y a beaucoup de gens comme ça. Mais moi c'est extrêmement fort. Je fais tout, j'ai la volonté de tout risquer pour obtenir ce que je veux, j'ai l'impression de le vouloir vraiment, c'est agréable, parce que je me dis que c'est bon, ça y'est, j'ai changé, maintenant je veux vraiment, j'aime vraiment, c'est pas qu'un jeu, qu'une mise a l'épreuve, pas qu'un test sur moi-même, là je le veux, je l'aurai, et je le voudrai encore, parce que je le sens, j'aime, je veux, de tout mon être. Mais non, c'est toujours la même chose. Je l'ai, puis je le veux plus. Mais la je parle pas de la poupée commandée à Noël ! Si ce n'était qu'une poupée..
C'est pour tout, et c'est ça qu'est alertant. Ne croyez pas que j'essaie pas de changer, mais c'est dans mon caractère, je suis comme ça, et je peux essayer, j'y changerai rien, ou pas grand chose, je dois juste attendre que ça me passe. Le problème, je pense, n'est pas de vouloir ou pas vouloir, mais plutôt de savoir ce que je veux vraiment. Trop souvent je crois vouloir, et je me rends compte après que je ne voulais pas. Mais après, c'est bien trop tard. Ce que je veux au final c'est me tester, vérifier que je suis toujours capable d'avoir ce que je veux, en manipulant, en montant des plans, en me pliant en quatre, mais l'avoir, et puis l'abandonner avant de passer a l'épreuve suivante. Je veux, mais je veux vraiment, pas je crois vouloir, parce que mon papa m'a toujours dis qu'il faut pas croire, il faut savoir, alors je sais, et pas je crois, je sais vouloir savoir ce que je veux, je sais que je veux savoir aimer, je sais que je veux savoir rendre les gens heureux, je sais que je veux savoir me contrôler, être plus responsable, parce que tout ça, même si des fois il y a de bonnes choses, de bonnes aventures, de bonnes expériences, souvent ça me fait enchaîner conneries sur conneries, je m'autodétruis, et vous détruis en route.
Jeudi 3 septembre et Dimanche 13 septembre.
Le temps passe vite, si vite. J'ai envie d'écrire aujourd'hui. Najda me donne envie d'écrire, c'est beau ce que Najda écrit. J'admire ma s½ur. J'ai toujours tant admiré ma s½ur, je l'ai toujours tant aimé, j'ai toujours tant attendu et espéré des réponses claires, nettes à mon amour fraternel. Je me suis toujours sentie conne, j'ai toujours eu l'impression que je l'aimais plus qu'elle ne m'aimait, et que je devrais moins le montrer parce que j'ai l'air bête. Mais ma s½ur elle m'aime, mais elle le montre moins. Elle le montre a sa façon. Avec attention, mépris, amour, haine, indifférence, confiance, complicité, douceur et dégout. Un peu de tout en même temps, et toi tu comprends pas. Il faut être subtil avec Najda, et savoir détecter le moindre petit signe d'affection. Derrière sa haine passagère se trouve parfois de l'inquiétude. Et d'autres fois, c'est juste de la haine, et ça fait mal. Aujourd'hui je lis le dernier article de Najda et je pleurs. Je suis émue par ce qu'elle dit. On grandit, on s'amuse plus d'un rien, on fait plus de films, ni de batailles avec des manches a balai, beta, delta et gamma ont fugué, et alpha s'est fait bouffé par des loups. Et les petits points noirs vivent comme ils l'entendent, avec leurs petits pots de ratatouille à rechauffer au micro-ondes à 7 ans et demi. Je vais pas réécrire ce qu'a écrit Najda, mais c'est vrai, on a grandit, et ca fait peur.
Est-ce que je suis en train de gacher le debut de ma vie, mon adolescence ? J'en fais quoi, de cet été ? Je le regrette ou j'en savoure les souvenirs ? Pourquoi ça fait peur a tout le monde, pourquoi tout le monde s'inquiète pour moi ? Est-ce que tout le monde sait ce que c'est des vacances ? Est-ce que tout le monde peut, avant de dire "Farah ou tu vas, reprend toi", se dire que en vacances, on se lâche, mais que ça veut pas dire qu'on continue dans la même direction une fois les vacances finies ? Est-ce que c'est trop lui demander, a tout le monde, de prendre un peu de recul et de se rappeler de qui je suis, de se rendre compte que j'ai pas changé, que tout va bien et que je sais ce que je fais, ou au moins que je crois savoir ce que je fais. Est-ce que tout le monde peut me faire l'honneur de me faire confiance, 5 minutes au moins pour essayer, et plus longtemps si ça lui plait ?
Parce que tout le monde, même s'il me répète qu'il est la pour moi si j'ai un problème, qu'il le sera toujours, même si il est attentionné et affectif, qu'il s'inquiète pour moi, ben il me fait douter de moi.
Avec tout l'amour que je lui porte, tout le respect et la reconnaissance que je lui doit, tout ce qu'il fait pour moi et le trop plein de raison qu'il a de me raisonner, je me permet de dire que tout le monde il m'emmerde, parce qu'il essaie de m'ouvrir les yeux et moi je veux les garder fermés, mes paupières sont lourdes de fatigue a lutter contre la réalité et je veux rester la petite Farah insouciante, qui vit sans penser et sourit sans aimer.
Eh, tout le monde, prend exemple sur ma vision des choses, essaie de comprendre que c'est comme ça qu'on profite de la vie, en agissant au feeling et en pensant après, mais pas trop non plus, parce que penser ca te fais mal a la tête, ça te ronge l'esprit, ça te fait regretter, ça t'empêche de dormir et met en avant ta conscience qui te reproche d'agir mal.
Pour revenir sur le sujet, quelles vacances tout de même ! Hourtin avec Najda, Jadou, Monah et Alex, Seignosse avec Alizé et les gens qu'on y rencontre, Paris avec Mathilde & son père, Muret avec la famille, puis Seignosse, avec tout les gens que j'y ai rencontré. Quand j'y repense, ça me fait tout bizarre. Les gens me manquent, c'est la première fois que j'ai un sentiment comme ça. Je sais pas si c'est du manque ou de la nostalgie. Un mélange des deux. Quand je repense à tout ce qu'il s'est passé, quand je repense a tout le monde, j'ai envie d'y être, de tout refaire, que ça n'en finisse pas. De travailler, de se baigner, de danser, de chanter, de boire, de fumer autour d'un feu sur la plage, d'embrasser, de dormir, de travailler, de se baigner, de danser, de chanter, de boire, de fumer autour d'un feu sur la plage, d'embrasser, de dormir, et de recommencer. Les deux Manon, Margaux, Wai, Ingrid, Celine, Mathieu Léa et Thibaud Nolin, Moran, Les Lyonnais, les amis du Penon, La troupe de Doc, Maxime, Francois, Arthur, Valentin, et les cinquante autres, personne ne sort de ma tête, et quand je suis retournée a Hossegor le Week End après la rentrée, j'suis allée a tout les endroits ou on est allés ensembles, La pibale, La piscine, La plage, Le Spot, tout était vide. Peut-être pas vide, mais sans eux. Et voir tout ces endroits où il y avait tout le temps au moins une personne que je connaissais durant les deux dernières semaines d'aout, c'est comme s'ils étaient vide. La nostalgie c'est un drôle de sentiment. Ça te donne des frissons, une grosse boule dans la gorge, et te fou les larmes aux yeux. Je pense que c'est le pire des sentiments. Du moins de ceux que je connais. La peur te fait avancer, le regret te fais réfléchir et changer, la colère t'apprend, le chagrin te rend plus fort. Et la nostalgie ? Ça te fait penser, tu te dis que c'était bien, que t'aimerais y être, que ces gens étaient géniaux, que y'en a beaucoup que tu ne reverras surement jamais, que c'est con la vie, et c'est tout. Ça te fais juste stagner. Et moi en les quittant j'allais mal et je me suis dis, de toute façon dans trois jours ça ira mieux, sur le coup ça fait bizarre, il faut se détacher, perdre ces habitudes, mais après y'a la rentrée, tu revois les amis de toulouse, tu sors, t'as la tête ailleurs, tu les oublies presque. Mais non. J'essaie d'y penser pas trop souvent, mais des que ca rendre dans ma tête ca y reste pendant un moment, je me remémore la dernière semaine d'aout parfaite, la dernière soirée avec Manon, les adieux, les gens, la plage le jour et la nuit, les danses, tout, et c'est toujours la même chose, je me sens inconsistante, impuissante. Je me sens rien. Alors pour faire passer, je prend le cendrier de maman, je le pose devant l'ordi, je m'allume une cigarette, et j'écris. Et ça marche pas bien, je pense encore beaucoup trop. La cigarette terminée je me dis que je fume trop, qu'il faut que je diminue, et j'en rallume un autre.
Cric et Croc Croquèrent de Grand Cruc qui croyaient les croquer. J'arrête de penser.

